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Setsatian School & NADT **

Le vendredi 8 février 2019 fut une journée riche d’enseignement avec au programme la visite de l’école Setsatian et la rencontre avec la fédération des sourds de Thaïlande (NADT **) ; journée très réussie grâce à notre talentueux guide sourd, Sirichai. Voici le résumé de la journée en deux étapes :

Setsatian School


En Thaïlande, il existe 21 écoles de sourds dont deux dans la capitale. Setsatian School est la plus ancienne, fondée en 1953, elle compte aujourd’hui environ 150 enfants sourds.

Nous avions pris rendez-vous depuis bien longtemps avec Sirichai ; nous nous sommes donc rendus à une dizaine de kilomètres au nord du centre-ville de Bangkok, dans un quartier proche de la résidence du roi, Rama 10.
Mais lors de notre arrivée personne ne nous attendait, malgré le message passé par Sirichai ! Fort heureusement un personnel nous avertit que c’est une journée de méditation pour tous les élèves des grades 1 à 12 (Il y a 4 journées par an où un moine bouddhiste vient donner des leçons de méditation).
Nous n’avons donc pas pu visiter les classes, cependant, pour compenser cela, Sirichai nous montre des panneaux d’information (comme une sorte de musée) et ce fut très intéressant de comprendre la création de cette école.
Entre temps, nous avions demandé à quoi servait la borne bleue situé à l’entrée de l’école. Surprise, c’est une borne relais-téléphonique, appelé TTRS *, qui est omniprésente dans les lieux publics du pays (administration publique, services de transport, etc.). Sirichai, fier de nous la présenter, nous fait une démonstration avec sa carte d’adhésion (sous forme d’une carte à puce). Ce service est totalement gratuit et permet aisément de passer des appels téléphoniques dans un sens (sourd vers entendant).
Encore mieux, maintenant avec l’app TTRS, il est possible de passer et de recevoir les appels à partir de n’importe où !
Nous, en France, nous en sommes loin avec seulement une heure par mois !
Avant de quitter l’école pour rejoindre la fédération, une professionnelle vient vers 11h pour nous signaler que les élèves ne sortiront pas avant 16h. Elle nous informe que l’école compte 36 professeurs dont 2 sourds et 10 assistants sourds.

* Thaï Telecommunication Relais Service

NADT **

En début d’après-midi, place à la rencontre avec la fédération NADT,  avec l’objectif de remettre le drapeau Sign Union Flag.
Nous commençons cette visite avec une brève histoire exposée sous forme de PowerPoint par Kiattisak (un employé sourd). Ce résumé, fort intéressant, nous a permis de mieux comprendre l’évolution de cette grosse structure. Aujourd’hui, cette fédération emploi 34 personnes, dont 18 au siège social de Bangkok. Ce bâtiment, un peu vieillot et éloigné du centre, est sa propriété. Très prochainement la fédération doit déménager vers un bâtiment plus moderne et adapté.
Cette établissement, en lien avec l’état, fonctionne avec 77 associations (obligation d’en avoir un dans chaque département) et 293 000 adhérents, soit près de 3 800 sourds par association !
NADT s’occupe, avec une autre structure, de l’enregistrement et de la distribution des cartes TTRS * (service relais-téléphonique, voir plus haut).
Qui n’a jamais rêvé d’avoir un même système en France ! Nous pouvons dire que nous avons encore beaucoup de travail… mais soyons positif, nous sommes sur la bonne voie avec la récente ouverture du centre relais téléphonique.
Nos enfants, comme habituellement, ont bien remis le drapeau en l’explicitant avec une vidéo d’Arnaud Balard, le concepteur de ce flag.
Par l’intermédiaire de Kiattisak, nous avons su que le président Withayoot viendra bien à Paris en juillet 2019 pour le congrès WFD *** Nous espérons vivement le rencontrer afin de le féliciter pour sa gestion de cette fédération marquante.

** National Association of the Deaf in Thailand
*** World Federation Deaf

Chiang Mai

Ville située au nord de la Thaïlande, Chiang-Mai est notre première étape dans le 8ème pays de notre périple autour du monde. Nous décidons de partir du nord pour descendre tout doucement vers le sud, à la frontière de Malaisie. Nous devons quitter ce pays avant le 28 février car nous avons droit à 30 jours de séjour (le visa est gratuit).
N’ayant pas préparé le parcours dans ce pays à l’avance (pas facile de tout prévoir pour un tour du monde) nous n’avions pas d’idée précise sur l’intérêt de cette 6ème ville du pays.
Grande comme Nantes, cette ville vaut largement le détour avec tous les charmes qui l’entourent : des temples colorés, des marchés nocturnes, des montagnes verdoyantes et surtout des éléphants libérés (une loi a été votée il y a une dizaine d’années pour rompre la maltraitance).
Dès notre première heure d’arrivée, nous constatons un fort contraste avec la Birmanie (Myanmar) : d’innombrables policiers sont partout, même dans les recoins. Par exemple, on s’est fait arrêter par la police car nous n’avions pas le Permis A (moto). En Thaïlande, ce permis est nécessaire pour les motos supérieures à 125 cm3 (jusqu’à 125cm3 on pourrait conduire avec un Permis B). Une anecdote, l’amende que nous avons payée est valable trois jours et donc nous avons pu continuer à rouler pour voir le fameux Wat Phrathat Doi Suthep (temple hindou-bouddhiste) !
Et puis, voilà le 5 février qui arrive, c’est le nouvel an ! Alors, nous nous faufilons vers le quartier chinois pour assister au concours de Miss Chinatown Chiang Mai. A minuit tapante, des dragons se mettent en l’air pour lancer des feux d’artifice ! Maintenant, nous sommes dans l’année du cochon !

La monnaie de Myanmar, le Kyat

Le Kyat est la monnaie de Myanmar (Birmanie).
Autrefois, le Kyat était une unité de poids équivalent à 16,32 grammes.
Mindon, l’avant-dernier roi, a instauré cette monnaie sous forme de pièce en 1852.
Aujourd’hui, il n’existe plus que des billets et aucune pièce ne circule.
Comme vous pouvez remarquer sur les photos, ces billets sont en mauvais état et les montants sont difficilement repérables.
Nous avons eu beaucoup de peine pour bien monnayer !
Ils existent 7 billets allant de 50 à 10 000 Kyats.

Hpa An

Un paysage karstique digne du nom qui nous rappelle notre voyage au Vietnam en 2007 quand Nolan avait 8 mois. Cet environnement au milieu des rizières et des grottes est sublime au point qu’il est complétement différent de Yangon, Bagan, Mandalay ou encore du Lac Inle.
Avec 3 jours sur place, nous louons deux scooters pour sillonner les routes. Sur le chemin, quelques agricultrices nous invitent à planter le riz, une expérience fabuleuse pour mieux comprendre leur travail. Nous avons eu chacun une douleur au dos car nous y sommes restés près d’une heure. Et le soleil était frappant, cela ajoute une peine au travail.
Après 23 jours passés à Myanmar (pour une fois, nous n’avons pas vu le temps passer), nous quittons ce beau pays aux ‘sans nom’ (les habitants n’ont pas de nom de famille !), par la frontière terrestre de Mae Sot (Thaïlande) située à trois heures de route vers l’est.

Lac Inle

Il est impensable que cet immense lac disparaisse dans 50 ans si rien n’est fait pour le protéger.
Ce 2e plus grand lac du pays ne dépasse jamais 5-6 mètres de profondeur en saison de pluie !
Ce magnifique lac entouré de montagnes, s’étend à 900 mètres d’altitude. Il est peuplé par de nombreuses habitations sur pilotis.
Nous avons fait une balade à vélo (près de 25 km) sur la partie nord du lac. Sur le chemin, nous avons emprunté une pirogue pour changer de rive. Au cours de cette balade, nous avons vu plusieurs villages, il y en a près de 400 !
Pour terminer la boucle, nous faisons un arrêt au vignoble Red Mountain pour assister à un magnifique coucher de soleil.
Puis, une journée entière consacrée à un tour en bateau pour voir les jardins flottants, le marché, la fabrique de cigare, l’atelier de forgeron, le tissage en fil de Lotus, les chats birmans et bien sûr les pagodes comme nous en voyons partout dans le pays.
Nous sommes restés durant cinq jours à Nyaung Shwe (ville principale) et pour clôturer cette semaine marquante, nous assistons à un spectacle de marionnette, Aung Puppet Show. Nous avons l’impression d’assister aux derniers feux d’une tradition qui se perd comme ce lac.

Mandalay

En remontant toute la journée par le fleuve Irrawaddy, nous arrivons à la dernière capitale royale de Myanmar, Mandalay.
Dans cette région, il y a eu auparavant trois capitales : Sagaing, Ava (Inwa) et Amarapura. En 1857, le roi réformateur Mindon a fait construire la dernière ville royale de Mandalay.
A la mort de Mindon, son fils Thibaw fit assassiner 72 proches (frères, sœurs, oncles et tantes), tragique ! A l’arrivée des anglais, en 1885, il s’exila vers l’Inde. La Birmanie devient alors une province de l’empire des Indes, et ce pays ne compte plus de monarchie.
Sur quatre jours, nous avons programmé deux Day Trip, dont un avec trois birmans sourds en moto, pour comprendre toutes ces histoires vraiment enrichissantes. En fin de journée, nous assistons à un magnifique coucher de soleil sur le Pont U Bein.
Pour terminer le séjour, nous régalons nos palais en goûtant toutes les cuisines locales, un régal malgré l’hygiène qui n’est pas au top !

Bagan (en image)

Yangon

Ancienne capitale de la Birmanie, maintenant appelé Myanmar, cette immense ville est ouverte aux touristes seulement depuis 7 ans. Nous arrivons au petit matin à l’ancien aéroport. Un projet fou de construire un nouvel aéroport est en cours avec pour objectif d’accueillir plus de 25 millions de voyageurs par an en 2025. Le hic est que ce nouvel aéroport se trouve encore plus loin du centre de Yangon (près de 50 km). Il faut déjà savoir que nous avons eu beaucoup de peine pour accéder au centre-ville (près de deux heures pour moins de 15 km). Pourquoi ? Dû à des bouchons de voiture et bus. Yangon est la seule ville de Birmanie à interdire la circulation des deux-roues (y compris les vélos !) afin que les autorités ne soient pas dérangées par les paparazzis !
De plus, ici nous roulons à droite (comme en France) et la majorité des véhicules (sauf les bus) ont le volant à droite, bizarre et surtout dangereux ! En 2015, il y a eu une loi qui a été voté pour imposer de changer de véhicule en trois mois ! En conclusion, ça mettra plusieurs décennies car aujourd’hui nous avons vu très peu de voiture à la « française ».
Avec Khin Nandar Lwin, notre guide de 3 jours,nous avons visité tout de même la belle ville avec ses magnifiques pagodes, surtout celle de Shwedagon. Grâce à elle, nous avons vu l’immense école des sourds (voir billet par ailleurs) et deux boutiques, salon de beauté et de massage, tenues par des sourds. Sur le chemin, nous nous sommes rendus dans une association ayant pour objectif de créer une fédération pour la Birmanie. Nous leur avons remis le drapeau « Sign Union Flag » en leur souhaitant de réussir dans leur démarche pas facile car il faut obtenir les accords des 2 grandes villes de Yangon et Mandalay.
Avant de partir, pour Bagan, nous avons posés devant la maison de Aung San Suu Kyi (femme militante pour la libération de la Birmanie). C’est là qu’Emmanuel a oublié son téléphone portable dans un taxi, un mince espoir de le retrouver. Ce sont les aléas du voyage.

Mary Chapman

Au Myanmar (Birmanie), on compte seulement 4 grandes écoles pour les sourds (deux à Yangon, un à Mandalay et un à Kalay).
Avec Khin, nous nous sommes rendus dans son école, celle de Mary Chapman, située près du centre du Yangon.
C’est le nom de l’anglaise qui a fait construire cette première école catholique pour les sourds en 1920.
Après onze succession de directrices, cet immense établissement compte aujourd’hui 357 élèves !
Nous nous dirigeons vers l’entrée principale pour obtenir l’accord de visite de la directrice, Daw Nyunt Nyunt Thein.
Après l’accord obtenu en quelques minutes, nous visitons plusieurs classes allant du Grade 1 à Grade 5 (l’équivalent du CP au CM2). Nous pouvons voir différents âges dans un grade, par exemple : des élèves âgés de 7 ans avec ceux de 15 ans dans le Grade 1.
Ici, en Birmanie, l’école n’est pas obligatoire et quel que soit l’âge des nouveaux élèves, ils doivent commencer par le début pour apprendre à lire et écrire.
Comme il n’y a que quatre écoles pour le pays, cette école propose l’internat pour les 203 enfants éloignés de Yangon.
Nous rencontrons l’une des quatre assistances professeurs sourdes ; il n’existe pas de professeur sourd car beaucoup d’élèves arrêtent leur parcours scolaire au Grade 10. Personne n’est encore allé à l’Université !
Dans cette école, nous trouvons également trois boutiques tenues par des sourds eux-mêmes :
– un atelier de couture, avec un professeur à l’appui
– un massage Shiatsu (Balance) tenu par 13 personnels
– un salon de beauté (Mudita) tenu par 7 professionnels
Nous profitons de ce salon pour nous refaire une beauté !
Puis, avant de quitter l’école, nous remettons deux livres aux assitantes-professeurs afin de leur donner une motivation supplémentaire pour l’accompagnement des jeunes enfants sourds :
Le petit garçon et la lune d’André Minguy
Viggo d’Inclood
Enfin, le départ a été rude car beaucoup d’élèves souhaitaient continuer à discuter avec Nolan, Kenaïg et Awenna.
A la sortie, nous sommes étonnés de voir autant d’élèves se ruer autour des vendeurs de snacks.
Ils communiquent tous avec la joie de terminer leur journée à 15h.