Archives de catégorie : Ecole des Sourds

Sekolah Pendidikan Khas

Sous le conseil d’Ivy, une sourde de Kuala Lumpur, nous préférons visiter l’école de Penang qui est la plus ancienne de Malaisie. Dans ce pays, il y a seulement 5 écoles et celle de Penang est la seule à proposer l’internat. C’est pour cela qu’à Penang, nous pouvons trouver des élèves venant du sud de la Malaisie.
Avec ses 160 élèves, la majorité reste au sein de l’école même pendant les week-end. Ils ne rentrent généralement que durant les vacances scolaires. En France, dans les années 50-80, le système était le même.
A l’accueil, les personnels étaient surpris que nous soyons tous sourds et ne connaissions pas le BIM (Langue des Signes Malaisie). Finalement, sans trop mal, nous arrivons à communiquer avec l’ensemble des personnels entendants qui utilisent la langue des signes pour enseigner aux élèves.
Nous passons de classe en classe (histoire, géographie, science, anglais avec la méthode SEE, etc.), nous nous arrêtons dans une  belle bibliothèque pour demander la signification du SEE (Sign Exact English). Cette méthode, très particulière, consiste à enseigner l’anglais avec le signé. L’échange oral se fait en ASL. Le professeur doit être compétent en anglais et ASL.
Pour résumer, les élèves sont quadrilingues (malaisien, BIM, anglais et ASL) depuis le début de la scolarisation à l’âge de 5 ans !
Malgré cela, la majorité des élèves ne continuent pas le parcours à l’université faute d’accessibilité et de budget.
A la fin, notre guide nous propose de manger avec les élèves, une première. Ce fut un bon moment de convivialité, de partage et d’humeur joyeuse ! Les échanges n’ont pas été un frein pour chacun d’entre-nous car nous sommes plurilingues.

Setsatian School & NADT **

Le vendredi 8 février 2019 fut une journée riche d’enseignement avec au programme la visite de l’école Setsatian et la rencontre avec la fédération des sourds de Thaïlande (NADT **) ; journée très réussie grâce à notre talentueux guide sourd, Sirichai. Voici le résumé de la journée en deux étapes :

Setsatian School


En Thaïlande, il existe 21 écoles de sourds dont deux dans la capitale. Setsatian School est la plus ancienne, fondée en 1953, elle compte aujourd’hui environ 150 enfants sourds.

Nous avions pris rendez-vous depuis bien longtemps avec Sirichai ; nous nous sommes donc rendus à une dizaine de kilomètres au nord du centre-ville de Bangkok, dans un quartier proche de la résidence du roi, Rama 10.
Mais lors de notre arrivée personne ne nous attendait, malgré le message passé par Sirichai ! Fort heureusement un personnel nous avertit que c’est une journée de méditation pour tous les élèves des grades 1 à 12 (Il y a 4 journées par an où un moine bouddhiste vient donner des leçons de méditation).
Nous n’avons donc pas pu visiter les classes, cependant, pour compenser cela, Sirichai nous montre des panneaux d’information (comme une sorte de musée) et ce fut très intéressant de comprendre la création de cette école.
Entre temps, nous avions demandé à quoi servait la borne bleue situé à l’entrée de l’école. Surprise, c’est une borne relais-téléphonique, appelé TTRS *, qui est omniprésente dans les lieux publics du pays (administration publique, services de transport, etc.). Sirichai, fier de nous la présenter, nous fait une démonstration avec sa carte d’adhésion (sous forme d’une carte à puce). Ce service est totalement gratuit et permet aisément de passer des appels téléphoniques dans un sens (sourd vers entendant).
Encore mieux, maintenant avec l’app TTRS, il est possible de passer et de recevoir les appels à partir de n’importe où !
Nous, en France, nous en sommes loin avec seulement une heure par mois !
Avant de quitter l’école pour rejoindre la fédération, une professionnelle vient vers 11h pour nous signaler que les élèves ne sortiront pas avant 16h. Elle nous informe que l’école compte 36 professeurs dont 2 sourds et 10 assistants sourds.

* Thaï Telecommunication Relais Service

NADT **

En début d’après-midi, place à la rencontre avec la fédération NADT,  avec l’objectif de remettre le drapeau Sign Union Flag.
Nous commençons cette visite avec une brève histoire exposée sous forme de PowerPoint par Kiattisak (un employé sourd). Ce résumé, fort intéressant, nous a permis de mieux comprendre l’évolution de cette grosse structure. Aujourd’hui, cette fédération emploi 34 personnes, dont 18 au siège social de Bangkok. Ce bâtiment, un peu vieillot et éloigné du centre, est sa propriété. Très prochainement la fédération doit déménager vers un bâtiment plus moderne et adapté.
Cette établissement, en lien avec l’état, fonctionne avec 77 associations (obligation d’en avoir un dans chaque département) et 293 000 adhérents, soit près de 3 800 sourds par association !
NADT s’occupe, avec une autre structure, de l’enregistrement et de la distribution des cartes TTRS * (service relais-téléphonique, voir plus haut).
Qui n’a jamais rêvé d’avoir un même système en France ! Nous pouvons dire que nous avons encore beaucoup de travail… mais soyons positif, nous sommes sur la bonne voie avec la récente ouverture du centre relais téléphonique.
Nos enfants, comme habituellement, ont bien remis le drapeau en l’explicitant avec une vidéo d’Arnaud Balard, le concepteur de ce flag.
Par l’intermédiaire de Kiattisak, nous avons su que le président Withayoot viendra bien à Paris en juillet 2019 pour le congrès WFD *** Nous espérons vivement le rencontrer afin de le féliciter pour sa gestion de cette fédération marquante.

** National Association of the Deaf in Thailand
*** World Federation Deaf

Mary Chapman

Au Myanmar (Birmanie), on compte seulement 4 grandes écoles pour les sourds (deux à Yangon, un à Mandalay et un à Kalay).
Avec Khin, nous nous sommes rendus dans son école, celle de Mary Chapman, située près du centre du Yangon.
C’est le nom de l’anglaise qui a fait construire cette première école catholique pour les sourds en 1920.
Après onze succession de directrices, cet immense établissement compte aujourd’hui 357 élèves !
Nous nous dirigeons vers l’entrée principale pour obtenir l’accord de visite de la directrice, Daw Nyunt Nyunt Thein.
Après l’accord obtenu en quelques minutes, nous visitons plusieurs classes allant du Grade 1 à Grade 5 (l’équivalent du CP au CM2). Nous pouvons voir différents âges dans un grade, par exemple : des élèves âgés de 7 ans avec ceux de 15 ans dans le Grade 1.
Ici, en Birmanie, l’école n’est pas obligatoire et quel que soit l’âge des nouveaux élèves, ils doivent commencer par le début pour apprendre à lire et écrire.
Comme il n’y a que quatre écoles pour le pays, cette école propose l’internat pour les 203 enfants éloignés de Yangon.
Nous rencontrons l’une des quatre assistances professeurs sourdes ; il n’existe pas de professeur sourd car beaucoup d’élèves arrêtent leur parcours scolaire au Grade 10. Personne n’est encore allé à l’Université !
Dans cette école, nous trouvons également trois boutiques tenues par des sourds eux-mêmes :
– un atelier de couture, avec un professeur à l’appui
– un massage Shiatsu (Balance) tenu par 13 personnels
– un salon de beauté (Mudita) tenu par 7 professionnels
Nous profitons de ce salon pour nous refaire une beauté !
Puis, avant de quitter l’école, nous remettons deux livres aux assitantes-professeurs afin de leur donner une motivation supplémentaire pour l’accompagnement des jeunes enfants sourds :
Le petit garçon et la lune d’André Minguy
Viggo d’Inclood
Enfin, le départ a été rude car beaucoup d’élèves souhaitaient continuer à discuter avec Nolan, Kenaïg et Awenna.
A la sortie, nous sommes étonnés de voir autant d’élèves se ruer autour des vendeurs de snacks.
Ils communiquent tous avec la joie de terminer leur journée à 15h.

Kelston School Education Centre

Programmés par avance avec Krista CLIFFORD (femme sourde travaillant au sein de cette structure), nous avons fixé plusieurs rendez-vous lors de notre arrivée à Auckland, capitale de la Nouvelle-Zélande.
Cinq heures après notre arrivée, nous visitons le siège principal, le KDEC qui signifie « Kelson School Education Centre ». Cette grosse structure, dirigée par Louise ROE, gère plusieurs classes inclusives un peu partout sur le nord du pays (Hamilton, Rotorua,Wellington, jusqu’à Turangi). Au sein de ce lieu, récemment rénové, se trouve :
– une maternelle dans laquelle les enfants (sourd ou entendant) du personnel sont invités également ;
– une bibliothèque, dont la langue des signes NZSL est omniprésente dans les ouvrages ;
– un musée avec divers objets d’époque (l’école existe depuis 1958) ;
– un internat dans lequel une trentaine de jeunes y séjournent ;
– une école Maori.
Un autre centre d’éducation couvre le reste du sud (essentiellement au sud) et est gouverné par un seul conseil. Pour information, un projet de fusion de ces deux centres est en cours de discussion.
Le lendemain, le 15 novembre, nous visitons une des classes inclusives au sud d’Auckland, à Ormiston School avec Kaori Kobayashi (professeur sourde) accompagné d’une interprète scolaire (qui est elle-même CODA*).
Dans cette nouvelle école primaire ouverte sur le quartier, aucune clôture n’entoure l’école, l’effectif est porté à 300 élèves, dont une vingtaine de sourds.
Durant toute la matinée, nous avons pu vivre la vie scolaire des néo-zélandais à leur rythme avec une collation à 10h30 et un lunch à 12h30. Dans ce pays,l’école commence à 9h et se termine à 15h, chacun apporte un « box-lunch »pour le midi.
Pour terminer le check-list, le vendredi, nous avons échangé près d’une heure avec un groupe d’élèves âgé de 17 à 21 ans dans un local associatif « Deaf Auckland Society ».
Nous remercions énormément Krista de nous avoir accompagnés lors de ces trois rendez-vous et aussi de nous avoir laissé une place dans son jardin pour notre grand camping-car.

* Children Of Deaf Adult (Enfant de Parents Sourds).

Dr Jorge Otte Gabier

Étant en relation avec Pedro Pablo, il nous a conseillé d’aller voir l’école Dr Jorge Otte Gabier dans laquelle sa belle-sœur travaille.
Pris rendez-vous en date du lundi 29 octobre, Paula, professeur sourde, nous a accueillis dans la bonne humeur. Elle nous a présenté son collègue de travail, également sourd : Juan Luis Marín Claro. C’est ce dernier qui nous a guidés tout au long de l’après-midi pour la visite de l’une des quatre écoles de sourds de Santiago.
Dans cet établissement, qui est le seul à proposer un parcours complet (de la maternelle au lycée) en version bilingue (Espagnol et LSCh*), nous avons rendu visite à trois classes (deux en primaire et une en lycée).
Le grade n’est pas tout à fait le même qu’en France (vous pouvez consulter sur la photo ci-dessous la comparaison des grades). Nous pouvons remarquer qu’au Chili, les systèmes éducatifs Primaire et Collège (sauf la classe de 3e) se réunissent dans un même système appelé : Basico.
Le Medio est l’équivalent du Lycée avec en plus la classe de 3e.
Juan nous a expliqué qu’il y a 20 professionnels (dont 3 professeurs et 4 assistant-professeurs sourds) pour 105 élèves.
En fin de journée, Juan et Paula étant partis en réunion, nous avons continué à discuter avec d’autres professionnels.
Cette école propose aussi des cours de langue des signes aux parents d’enfant sourds. Dans la majorité des cas, les cours se font à distance par webcam car les parents n’habitent pas uniquement à Santiago.

* Langue des Signes Chilienne
Site web de l’école : www.institutodelasordera.cl

Dr Osvaldo Magnasco

Après avoir pris rendez-vous depuis longtemps avec une jeune institutrice sourde : Florencia LAURENCE, nous nous sommes rendus dans cette école bilingue le mercredi 3 octobre.
A notre arrivée, une trentaine d’élèves sourds de 10 à 15 ans accompagnés par des professionnels nous attendaient dans l’une des nombreuses salles pour effectuer un échange avec nous. Après une heure d’interaction enrichissante sur le voyage, le mode du système scolaire et les différentes langues, les élèves nous ont fait des câlins bien attentionnés.
Avant d’effectuer un deuxième échange avec les 5-9 ans, ciblé sur les différents signes, les enfants se sont amusés autour d’une collation.
Entre temps, nous avons discuté sur l’histoire de l’école de Buenos Aires. Comme en France, à l’époque, il y avait des écoles séparées pour garçons et filles. Celle d’Osvaldo était destinée aux filles. Il existe encore aujourd’hui, dans la capitale, trois écoles publiques et quatre privées. Toutes ces écoles sont maintenant mixtes.
Dans cette établissement, crée par Osvaldo, on compte environ 80 élèves sourds sur les deux parties d’horaires (matin et après-midi) parmi les trois plages existantes. Le soir est réservé exclusivement aux apprentis, soit une vingtaine de sourds.
En fin après-midi, l’école avec ses tout-petits nous a offert une belle tasse de maté, des gâteaux en forme de main et des autocollants de souvenirs. Par la suite, Florencia nous a guidés dans les longs couloirs de l’école.
En terminant la visite, nous avons présenté les deux livres illustrés : « Viggo » et « Le petit garçon et la lune ».

Pour info, nous avons flouté les visages des enfants car c’était recommandé par l’école.

Audiologia

En ce vendredi 14 septembre 2018, le directeur Max Eloy Bejarno Zubela nous a ouvert la porte de son école en compagnie de la famille CONDORI.
« Audiologia », créé en 1987 par Sandi, accueille 68 élèves sourds de la maternelle au lycée. Nous avons rendu visite à chaque groupe. L’école n’a lieu que le matin de 8h à 12h30, sauf pour les 22 lycéens qui vont en intégration l’après-midi.
Le directeur a mis en place un soutien scolaire du soir pour les enfants sourds n’ayant pas accès à l’éducation durant la journée (trop éloignés de l’école, ou bien aidant leurs parents).
En ce jour de fête, la Sainte Guadalupe, plusieurs personnalités sont venus rendre visite aux élèves. Nous avons donc rencontré Vladimir Juan Gonzales Romero qui représente la province Chuquisaca auprès de la fédération bolivienne (FEBOS). On lui a remis le drapeau « Sign Union Flag » , en explicitant le WFD de Juillet 2019 à Paris.

LARA, Escuela de Lengua de Señas

Après un contact par WhatsApp avec le directeur de l’école, Esteban Ramirez, on s’est donné rendez-vous le 16 août directement au local situé à l’ouest d’Arequipa, dans le quartier écolier de Tahuaycani. LARA n’est pas tout à fait un établissement scolaire mais un intermédiaire entre école et centre de formation de/en Langue des Signes. On a assisté à deux cours dont :
– Langue des Signes aux parents avec la présence d’enfant sourd.
– Langue des Signes aux adultes
L’école-formation, créée par Esteban, qui est lui-même CODA *, a vu le jour en 2014 avec pour objectifs :
– d’améliorer la scolarité des enfants sourds
– de faciliter la communication de l’enfant sourd dans la famille
Actuellement les péruviens sourds sont (tous) intégrés dans la classe et il existe aussi des établissements spécialisés (même principe qu’en France). Comme beaucoup de jeunes n’ont pas de soutien individualisé, Esteban a voulu entreprendre des ateliers de Langue des Signes afin de l’associer à la langue espagnole déjà apprise à l’école.
Esteban, qui est aussi traducteur dans les écoles, nous explique que le prochain objectif est de créer une école de Langue des Signes pour répondre aux besoins des parents.
Durant ces moments, on leur a présenté deux livres (Viggo d’Inclood et Le petit garçon et la lune d’André Minguy). On a remis le drapeau « Sign Union Flag » en lien avec le Congrès Mondial des Sourds qui aura lieu à Paris en 2019, dont un des programmes est l’éducation.
Et pendant ces échanges, on a découvert que les péruviens sourds n’ont pas l’autorisation de conduire (en France, c’est depuis 1959 que les sourds peuvent conduire).
C’était un moment fort car nos enfants ont apprécié la rencontre avec les trois enfants sourds. Ils ont pu communiquer entre eux grâce aux cours de Langues des Signes Péruvienne.

* CODA, Children Of Deaf Adult (enfant de parents sourds).