Canyon del Colca

Après une demi-semaine à Arequipa, nous sommes partis pour cinq jours dans la région de Caylloma. Quatre heures de route, plein de dos d’âne et des sommets avoisinant les 5000 mètres d’altitude, nous n’avons pas été ménagés par ce long voyage. La récompense vient avec cette vue splendide sur le Canyon de Colca. Sur le chemin de Coporaque, les lamas sont venus nous accueillir. Le soir, nous avons dormi dans la maison des Hobbits (digne du film des Seigneurs des Anneaux), plus précisément chez Mila, Steven (un breton) et Liam. L’accueil a été très chaleureux, Mila nous a beaucoup aidé pour préparer un trek de trois jours dans le canyon.

Sur la route pour Cabanacconde, point de départ du trek, nous avons assisté à une danse traditionnelle de la région et vu des Condors, MA-GNI-FI-QUE !
C’est parti pour un trek de 20 km… 7 km (1050 m de dénivelé négatif) le premier jour, 7,5 km (460 m) le deuxième jour et enfin 5,5 km (1060 m de dénivelé positif). Pour la montée vertigineuse, nous avons mis 5 heures !
De retour à Coporaque, on a fait une halte à Aguas Termales de Chivay pour nous baigner dans l’eau bouillante (38-40°C) venue de la montagne.
Marta, Jacinto, et leurs deux fils Rafael et Alex, nous ont hébergés dans leur habitation. Un moment de partage et de convivialité… Marta n’a pas hésité à habiller Soizick, Kenaïg et Awenna en costume traditionnel. Le lendemain matin, jour de notre retour à Arequipa, elle a emmené les moutons brouter de l’herbe en compagnie de nos enfants.
On quitte la région avec une vue sur le volcan toujours actif de Sabancaya.

de Lima à Arequipa

Pour rejoindre Arequipa, situé à 1000 km au sud de Lima, nous avons fait une halte de trois jours à Ica pour voir l’oasis et ses dunes d’Huaccachina. Un paysage qui ne reflète pas du tout le paysage péruvien. Que ça fait du bien de retrouver le soleil et la chaleur ! Nous en avions bien besoin, surtout après trois jours très frais à Lima. On a été ravi de faire du SandBoard (surf sur plage), les enfants avaient bien envie de faire des activités. Nous avons vu un magnifique coucher de soleil, c’est inoubliable !

Dans la nuit du lundi à mardi, nous avons pris un bus avec des couchettes. Franchement, il n’est pas très facile de bien dormir car ça bouge tout le temps, de toute façon ça permet de gagner une nuit d’hôtel.
Arrivés à Arequipa, avec un ciel bleu et des volcans autour, c’est notre coup de cœur. On apprécie vite la ville. Par chance, la fête d’Arequipa (fête de la fondation de la ville) a lieu le 14 et 15 août. On a pu assister à un défilé de costumes.
Nous n’avons pas l’impression de vivre dans une ville avec 1 million d’habitants et surtout à 2300 mètres d’altitude. Ici, tout est reposant . Il y a de nombreuses activités à faire et nous commençons dès aujourd’hui jusque samedi (le couvent Santa Catalina, le sanctuaire du Juanita, le mirador Yanahara et la visite d’une école des sourds).

LARA, Escuela de Lengua de Señas

Après un contact par WhatsApp avec le directeur de l’école, Esteban Ramirez, on s’est donné rendez-vous le 16 août directement au local situé à l’ouest d’Arequipa, dans le quartier écolier de Tahuaycani. LARA n’est pas tout à fait un établissement scolaire mais un intermédiaire entre école et centre de formation de/en Langue des Signes. On a assisté à deux cours dont :
– Langue des Signes aux parents avec la présence d’enfant sourd.
– Langue des Signes aux adultes
L’école-formation, créée par Esteban, qui est lui-même CODA *, a vu le jour en 2014 avec pour objectifs :
– d’améliorer la scolarité des enfants sourds
– de faciliter la communication de l’enfant sourd dans la famille
Actuellement les péruviens sourds sont (tous) intégrés dans la classe et il existe aussi des établissements spécialisés (même principe qu’en France). Comme beaucoup de jeunes n’ont pas de soutien individualisé, Esteban a voulu entreprendre des ateliers de Langue des Signes afin de l’associer à la langue espagnole déjà apprise à l’école.
Esteban, qui est aussi traducteur dans les écoles, nous explique que le prochain objectif est de créer une école de Langue des Signes pour répondre aux besoins des parents.
Durant ces moments, on leur a présenté deux livres (Viggo d’Inclood et Le petit garçon et la lune d’André Minguy). On a remis le drapeau « Sign Union Flag » en lien avec le Congrès Mondial des Sourds qui aura lieu à Paris en 2019, dont un des programmes est l’éducation.
Et pendant ces échanges, on a découvert que les péruviens sourds n’ont pas l’autorisation de conduire (en France, c’est depuis 1959 que les sourds peuvent conduire).
C’était un moment fort car nos enfants ont apprécié la rencontre avec les trois enfants sourds. Ils ont pu communiquer entre eux grâce aux cours de Langues des Signes Péruvienne.

* CODA, Children Of Deaf Adult (enfant de parents sourds).

Centro, Miraflores, Barranco y Magico del Agua

Après une bonne nuit de récupération, Mauro Luna, péruvien sourd, est venu nous rejoindre. Il nous a guidés tout au long de la journée pour visiter le centre de Lima (différentes églises, le palais présidentiel et la mairie).
Passionné de découvertes bien qu’il n’ait jamais mis les pieds en dehors du Pérou, il nous a expliqué la vie des péruviens (mode de vie, gastronomie, religion, colonisation, etc.). Le soir, Pedro Montoya (sourd aussi) est venu nous rencontrer pour discuter autour d’un « Pollo » (poulet entier cuit à la broche).

Le matin du 3e jour, la bonne nouvelle est enfin arrivée. Nous avons récupéré le troisième bagage (celui de Nolan). A partir de maintenant l’aventure commence réellement ! On profite de cette dernière journée à Lima pour visiter les deux quartiers au bord du Pacifique, Miraflores et Barranco.
Le quartier de Barranco avec ses fresques murales très artistiques est le nouveau visage des Péruviens.

De retour à l’hôtel par le métro (qui est en fait un busway), on fait une halte à « Circuito Magico del Agua » avec ses 13 fontaines de toutes les couleurs qui illuminent la nuit. Le coucher a lieu vers 5h30 du matin, heure française. Hi, je vous laisse calculer sachant qu’il y a 7 heures d’écart entre Lima et Nantes.

Bien llegado a Lima!

Après 17 heures de voyage, nous avons bien atterri à Lima. Au départ de Nantes, le thermomètre affichait 36°C. Le lendemain avec 21°C en moins, nous avons aussitôt sorti nos pulls ! Ici, l’air est légèrement humide avec une fine brume blanche.
On a eu droit à une surprise à notre arrivée : le 3e bagage n’a pas voulu nous suivre. Eh oui, il est resté à Madrid, peut-être par peur de froid ! Normalement, ce bagage aura pris le vol suivant et il sera livré à notre hôtel. On l’attend avec impatience. En attendant, on se procure des couvertures fournies par l’hôtel.
Pour se déplacer de l’aéroport à l’auberge de jeunesse (100 BackPackers Hostel), on a pris le transport commun. Les gens, forts sympathiques, nous ont guidé pour nous alerter quand monter ou descendre du minibus.
Ici, la monnaie est le Sol (taux de change à 3,79). Pour 10 euros, c’est environ 37 sol. L’achat d’une bouteille d’eau de 2,5 litres coûte 3,70 soles, soit 1 euro.

Traduction du titre d’espagnol en français : « Bien arrivé à Lima ! »
à Lima, le mardi 7 août 2018, 20h25

J-1 : Nos sacs à dos sont prêts !

Demain, lundi, nous allons décoller de Nantes pour le Pérou, à Lima, premier pays de notre tour du monde.
Après de longue préparation, nos sacs à dos sont enfin prêts ! Nous emmènerons 6 sacs au total :
– 1 sac à dos pour Emmanuel (70 litres, poids : 16,2 kg)
– 1 sac à dos pour Soizick (50 litres, poids : 11,2 kg)
– 1 sac à dos pour Nolan (40 litres, poids : 6,7 kg)
– 1 sac de randonnée pour Kenaïg (22 litres, poids : 5,6 kg)
– 1 sac de randonnée pour Awenna (20 litres, poids : 3,6 kg)
– le 6e sac est pour toute la famille, il servira à transporter l’appareil photo, quelques vêtements de secours et de l’eau pour les petites excursions.
Pour le poids total, cela fera environ 49 kg à transporter ! On aura beaucoup essayé de réduire la balance. Comme disait Montesquieu « le mieux est l’ennemi du bien » et donc, nous nous arrêtons de faire mieux !
En suivant les conseils du TourDuMondiste, nous avons retenu la leçon qu’il est important de respecter la règle des 15-20% pour nos sacs, c’est-à-dire de ne pas dépasser ce pourcentage par rapport à nos poids initiaux (10% pour les enfants).
Ces derniers temps, nous avons beaucoup reçu de messages nous souhaitant un très bon voyage. On les remercie tous pour leur gentillesse.

Nos chaussures de randonnées…

Article dans Ouest-France

Ils voyagent en langue des signes

Emmanuel, Soizick et leurs enfants Nolan, Kenaïg et Awenna sont sourds. Lundi 6 août, cette famille de Bouguenais s’envolera de Nantes pour un tour du onde de dix mois.

L’histoire

Faire un tour du monde en famille ? Un projet devenu presque banal… Sauf quand on est une famille de sourds.
Ils sont cinq : Soizick (41 ans), Emmanuel (37 ans), Nolan (12 ans) Kenaïg (10 ans) et Awenna (8 ans).
Ils s’envolent dans quelques jours pour un périple de dix mois. Le voyage débutera avec l’Amérique latine, l’Océanie, puis l’Asie du Sud-Est et enfin l’Afrique du Sud en juin 2019.

Un projet de dix mois, imaginé il y a neuf ans

En 2009, Emmanuel et Soizick réfléchissent à leur futur. Ces globe-trotter ont passé leur jeunesse à voyager dans le monde entier. Ils se sont ensuite installés à Bouguenais, pour élever leurs enfants. Ils travaillent, Emmanuel est technicien informatique et Soizick est formatrice en langage des signes.
Mais le couple rêve encore de grands espaces. Ils songent alors à un tour du monde en famille. La surdité ? Ce n’est pas une barrière pour eux. « En Afrique du Sud, par exemple, les gens arrivent à communiquer avec 23 langues différentes, alors on y arrivera bien aussi ! » assure Emmanuel.
Pendant sept ans, ils préparent leur voyage et économisent. En 2016, ils annoncent leur grande décision à leurs enfants et à leur entourage. Malgré la petite appréhension de quitter leurs copains d’école, les enfants sont ravis.
Les parents se chargeront de l’éducation des enfants, à l’aide de manuels qu’ils emporteront dans leurs sacs. « On va suivre le programme, mais je pense qu’ils apprendront bien plus en faisant le tour du monde qu’en allant à l’école », explique le père de famille.
À une quinzaine de jours du grand départ, l’excitation fait oublier les petits tracas du début. « Les enfants sont ravis. J’ai hâte de leur montrer les paysages de Nouvelle-Zélande, les temples d’Asie, l’île de Pâques », se réjouit Emmanuel.

À la rencontre des écoles de sourds

Soizick et Emmanuel tiennent à se rendre dans les écoles de sourds dans les pays qu’ils traverseront. « En France, les écoles de sourds se font rares et je trouve ça dommage. Dans d’autres pays, il en existe encore, où les gens communiquent vraiment en langage des signes, je veux montrer ça à mes enfants. » explique Emmanuel.
La famille s’envolera lundi 6 août pour sa première étape: Lima, au Pérou.

Ouest-France
par Océane THÉARD
publié le 22/07/2018
voir l’article sur le site

Article dans France 3

Une famille sourde, originaire de Nantes, part autour du monde !

C’est la dernière ligne droite pour Soizick, Emmanuel et leur trois enfants. Le grand départ aura lieu le 6 août. Direction l’Amérique du Sud.
Pendant 10 mois, ils vont partir à la découverte de cultures, de modes de vie et d’enseignements sourds différents…une leçon de vie à l’échelle mondiale !

Sur le calendrier familial, Nolan, Kenaïg et la petite dernière Awenna, cochent scrupuleusement les jours et comptent avec impatience ceux qui les séparent encore du 6 août, date à laquelle ils embarqueront pour une aventure qui risque bien de bouleverser leur vision du monde.

Les trois enfants sont forcément très excités à la perspective de ce tour du monde, un peu anxieux aussi. « Je leur ai montré le blog d’une famille originaire de Lorient. Ils sont 5 comme nous, et sont partis il y a un an faire un voyage un peu comme le nôtre (la seule différence c’est qu’ils sont entendants!). Nous avons pu voir comment ils vivaient cette aventure au quotidien, et ça a permis de rassurer tout le monde ! » explique Emmanuel Lucas, leur papa.

À l’origine de ce projet familial, Emmanuel, 36 ans et Soizick, 40 ans. Tous deux sont sourds, ce qui ne les a jamais empêché de voyager, bien au contraire. Cet appétit de découverte et d’ouverture sur le monde, ils ont souhaité le transmettre et le partager avec leurs enfants.

« Le but de ce voyage, précise Emmanuel, c’est de montrer à nos enfants qu’il existe d’autres manières de vivre et d’autres méthodes d’éducation dispensées aux enfants sourds à travers le monde. Ils connaissent bien sûr le système éducatif français, mais il nous semble important qu’ils appréhendent le fonctionnement des écoles partout dans le monde ».

La petite famille envisage donc, partout ou elle ira, d’aller rendre visite aux enfants et aux enseignants des écoles sourdes et aux associations, de s’imprégner de la langue des signes de chaque pays, de partager avec les habitants un quotidien bien différent de celui qu’ils vivent à Bouguenais.

À quelques jours du départ, à part quelques bricoles, l’essentiel de leur voyage est organisé. « Nous avons réservé des lieux d’hébergement à chaque fois que nous arriverons dans un pays, ensuite on se débrouillera pour rencontrer des gens, on verra sur place. Pour nos déplacements, on les fera sac à dos, avec nos pieds et les moyens locaux, sauf pour deux pays, où nous avons déjà réservé des véhicules… ça fait partie du jeu! ».

Avec une bonne dose d’enthousiasme et une solide expérience des voyages, le couple ne redoute aucune des 15 étapes prévues…à part peut-être la communication et les échanges…en Nouvelle-Zélande !

« Vous savez, dans la plupart des pays que nous allons visiter, il y a parfois une vingtaine de langues officielles, en Afrique du Sud on en compte 23, au Guatemala, 21. Les gens sont donc habitués à communiquer de différentes manières, à faire des efforts et à s’adapter. Nous, nous pourrons mimer, nous exprimer par gestes et en langue des signes. En revanche, en Nouvelle-Zélande, les habitants ne parlent qu’anglais. Ça risque d’être un peu plus compliqué de se faire comprendre ! «  explique Emmanuel avec un grand sourire.

► Si vous souhaitez suivre les aventure de SENKA (Soizick, Emmanuel,Nolan, Kennaïg et Awenna), sachez que la famille écrit depuis plusieurs mois un blog en langue des signes. Sous-titré, il présente de nombreuses vidéos, notamment des enfants, et abordent plusieurs thématiques autour de la préparation de ce tour du monde.
Ce blog sera alimenté au long des dix mois de voyage pour raconter les expériences vécues dans les différents pays visités.

France 3
par Sandrine Gadet
publié le 10/07/2018
voir l’article sur le site

SIGN UNION FLAG / Drapeau de l’union des signeurs





Vous avez ci-dessous les quatre liens vers les sites internet :

Vidéo STT et voir ci-dessous le texte :

Pour le drapeau « SIGN UNION FLAG », la Fédération Nationale des Sourds de France nous a remis 20 drapeaux. Notre famille les remercie beaucoup.
Que fera-t-on de ces drapeaux ? Lors de notre voyage, nous allons essayer de les remettre aux fédérations et écoles des sourds.
Lors du Congrès Mondial des Sourds qui aura lieu à Paris en Juillet 2019, la commission tentera de valider ce type de drapeau (celui de Balard) qui représentera la communauté des sourds.
Vous avez ci-dessus les quatre liens vers les sites internet :
1/ le site internet de la Fédération (FNSF) qui explique son rôle et fonctionnement.
2/ le site du Congrés Mondiale des Sourds appellé aussi WFD avec ses programmes.
3/ la vidéo d’Arnaud BALARD qui explique en détail ses choix pour la conception du drapeau.
4/ la vidéo récente de la remise des 20 drapeaux de la part de M. Nicolas EVRARD (FNSF).
Vous voulez en savoir plus sur le drapeau sourd, regardez les explications de Kenaïg :

Coucou, bonjour à tous, aujourd’hui, je vais vous expliquer  le drapeau des sourds.
A.R.N.A.U.D. B.A.L.A.R.D. lui-même est sourd et aveugle, son signe est [Arnaud]. Il est artiste et français.
Il a inventé le drapeau pour les sourds, pour être représenté dans le monde entier.
Il a dessiné le drapeau avec une forme de mains qui symbolise la communication en Langues des Signes.
Il l’a colorié en trois couleurs qui ont chacune chacune une signification:
1/ le bleu fonçé représente la Terre et l’Humanité
2/ le jaune :  la Lumière, l’Esprit et le Savoir
3/ le bleu turquoise :  la communauté des sourds
Au revoir et à bientôt…

Une famille sourde autour du monde